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lundi 19 septembre 2016

Il est où le bonheur, il est où ?

  Je reviens aujourd'hui après quelques semaines d'absence décidément, la régularité... avec une chronique un peu spéciale. Une chronique combinée...sur le bonheur !
  Et oui, parce que ce petit mot bien simple et employé à tout bout de champ, à tout bout de vers, de lignes, de pages, environ cent cinquante fois par jour par chacun d'entre nous, pour se plaindre de son absence, ou pour critiquer sa difficulté d'accès et bien rarement pour lui, lui-même, en tant que tel... est au centre de bien des livres, plus ou moins sérieux, plus ou moins romancés.
  Une fois n'est pas coutume, je me suis concentrée sur deux d'entre eux. Le premier, assez économique, qui a eu un succès assez important à sa sortie, le second, plus sociologique, voire parfois philosophique, tout aussi intéressant.
  Pas de roman, pas d'histoires -ou alors succinctes, plutôt anecdotiques-, mais des chiffres, des études, des comparaisons.
  Je vous vois détourner les yeux derrière votre écran, mais revenez !
  Car s'il y a quelques aspects un peu compliqués -et encore, ça reste vraiment, vraiment abordable-, les autreurs, Daniel Cohen et Malene Rydahl, sont des vulgarisateurs-nés, qui rendent accessibles les théories de grands économistes pour l'un, et les études faites autour du bonheur et du bien-être, notamment dans l'OCDE et plus particulièrement encore au Danemark, pour l'autre.
 
  Plongeons donc dans ce bel univers de bonheur.
 
 
Afficher l'image d'origine  Daniel Cohen, professeur à l'Ecole Normale Supérieure et à l'Ecole d'Economie de Paris, revient dans son livre Homo Economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux sur le paradoxe d'Easterlin. Richard Easterlin, économiste américain, présente en 1974 sa théorie, selon laquelle le développement et la croissance d'un pays ne coïncideraient pas toujours avec accroissement du bien-être et du bonheur de la population de ce même pays. En effet, il remarque qu'entre 1946 et 1970, le PIB des Etats-Unis augmente de 60%, alors que la satisfaction stagne. Il attribue cela à deux raisons principales, qui sont d'abord l'habitude à consommer qui est devenue la base de tous les pays développés, qui fondent leur croissance notamment sur cette (sur)consommation, sociétale depuis plusieurs décennies ; ensuite la comparaison, dans un monde de plus en plus concurrentiel où chacun a tendance à se comparer à son "supérieur" (hiérarchique par exemple), se plaçant dans des attentes toujours plus grandes, quand bien même il arriverait dans un premier temps à se hisser au niveau qu'il souhaite.
  Daniel Cohen explique et explicite donc sur environ 200 pages très vivantes et accessibles les défaillances de notre société actuelle qui, en plus de pousser à la surconsommation et donc à une boulimie d'achats souvent parfois déraisonnée, ne semble pas en bonne santé économique (crises financières), environnementale (pollution de plus en plus abusive), et se désintéresser des questions politiques, à cause d'un manque de représentativité de plus en plus constaté.
Afficher l'image d'origine  Sept parties aussi intéressantes les unes et les autres, sur le bonheur en tant que tel, le travail valeur en voie de disparition, une comparaison assez passionnante entre la Rome antique, le chute de l'Empire d'Occident, et les déclins du civisme américain, partie dans laquelle il revient sur le livre Are We Rome ? de Cullen Murphy, qui dresse lui-même un parallélisme entre Rome et l'Amérique, une quatrième partie sur le décentrement du monde (la limite Nord-Sud en voie assez claire d'obsolescence, la croissance des pays émergents qui font perdre aux puissances traditionnelles le monopole de la modernité), une autre encore sur le rattrapage de l'Occident par d'autres puissantes émergentes qui ont déjà bien émergé (avec la mondialisation, la désindustrialisation qui mènent au chômage), une avant-dernière partie qui aborde le bonheur d'une manière plus scientifique, avec la mise en exergue des travaux de Richard Dawkins dans son livre Le Gêne égoïste. Enfin, il conclut avec une partie "La condition postmoderne" qui tend à penser que le monde contemporain qu'on qualifie de "moderne" n'est peut-être qu'un passage, et pas un aboutissement de modernité, une sorte de corde tendue, pour ne citer personne.
  Une étude très intéressante et bien ficelée, bien amenée, découpée en petites parties qui entrent dans les détails juste comme il faut et expliquent vraiment bien l'idée que Cohen veut mettre en évidence : la facilité d'adaptation des humains, cette habitude (qu'évoquait Easterlin) à tout, qui nous conduit à ne faire qu'anticiper le bonheur que pourra nous procurer quelque chose de nouveau, et nous fait oublier le bonheur, par le fait fugace, que nous a déjà apporté un progrès réalisé. Et l'autre pendant du paradoxe, la comparaison excessive quasi immédiate entre différents groupes de référence, une rivalité qui porte sur les traits visibles de la réussite sociale et est exacerbée par les modèles diffusés par la publicité, la télévision, répandue à outrance et présentée comme atteignable à condition de rentrer dans ce "moule comparativo-consommateur" (si, si, le mot existe... hum hum...).
 
 
Afficher l'image d'origine  Partons à présent sur un autre point de vue : celui de Malene Rydahl dans son livre Heureux comme un Danois. Danoise de 47 ans, elle a travaillé pendant 18 ans dans le monde de l’entreprise, jusqu'en 2015, date à laquelle elle était Directrice de la Communication corporate pour le groupe Hyatt Hotels & Resorts pour les régions Europe-Afrique-Moyen-Orient. Née au Danemark, le pays "le plus heureux du monde" (selon de très multiples sondages référencés dans son livre), elle vient pourtant vivre à Paris dès ses 18 ans. Dans son livre, elle revient sur dix points fondamentaux, clés, qui pour elle participent grandement au titre du Danemark en tant que pays le plus heureux du monde.
  Ainsi, à travers anecdotes, études, chiffres, comparaisons, elle nous offre une vision plutôt positive de son pays natal, dont les habitants partagent apparemment de belles valeurs, et surtout l'envie de participer à un projet commun, collectivement.
  La grande confiance qu'ont les Danois les uns envers les autres, mais aussi et surtout envers l'Etat, ou encore le système scolaire, bien différent du nôtre, qui s'appuie sur une formation presque personnelle et personnalisée de chacun, sur une orientation basée sur les goûts et les capacités réels des élèves, et non sur ce qu'on attend d'eux, qui prend en compte les 95% de "moyens" quitte à ne pas stimuler les 5% "d'élite" autant que possible (un système donc inversé au français), sont deux exemples des "clés" que Malene Rydahl expose dans son livre.
  J'ai beaucoup aimé cette lecture, parce que l'auteure m'a paru vraiment sincère. Loin d'un bonheur hypocrite, ou d'une volonté de glorifier les qualités de son pays, mais plutôt dans une démonstration juste, prouvée, appuyée par des chiffres, et surtout modeste, de ce qui fonctionne selon elle, et qui convient aux 5.6 millions de Danois.
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  Autre point agréable : elle reconnaît certains paradoxes dans ce "bonheur danois", comme le taux élevé de suicides, de consommation d'anxiolytiques, d'alcool... C'est souvent nuancé, avec des tentatives d'explications (comme penser que les Danois ont une opinion bien moins pessimiste que les Français quant à la dépression et sont donc plus enclins à se faire soigner, à suivre des thérapies, que les Français qui refoulent leur mal-être... on en pense ce qu'on veut. Personnellement ça ne me paraît pas complètement dénué de sens... peut-être un peu léger comme explication mais envisageable).
  L'auteure revient également sur le système économique danois, mais toujours en lien avec le bonheur. Elle explique par exemple que ce pays, où la pression fiscale est la plus forte au monde (60%) n'est pas mal perçu par ses habitants, en raison de leur confiance dans les hautes dépenses de l'Etat qui offre de larges services publics (couverture médicale gratuite pour tous, allocations pour le chômage, etc.).
  J'ai trouvé son étude sur le "pourquoi du comment" du bonheur danois assez exhaustive, riche en statistiques, donc qualitative et objective. Les nuances sont là (histoire d'éviter les petites désillusions si on ne se plaît pas dans le pays le plus heureux du monde après avoir couru jusqu'à Copenhague pour s'y installer à la suite de cette lecture) et donnent au livre cet aspect sincère que j'évoquais déjà un peu plus haut.
 
 
  Deux livres assez complémentaires, que j'ai lus l'un à la suite de l'autre plus par le fruit du hasard que pour progresser sur ma quête de bonheur personnelle (je préfère préciser... MAIS la démarche peut être intéressante aussi !), mais qui font réfléchir sur la société contemporaine, sur notre mode de consommation, nos préjugés, nos à priori culturels, notre éducation, notre système politique et économique...autant de sujets opaques qui nous apparaissent un brin plus transparents après ces lectures.
 
 
Références :
 
Homo Economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux
Daniel Cohen
212 pages
Septembre 2012
Aux éditions Albin Michel
 
Heureux comme un Danois
Malene Rydahl
216 pages
Avril 2014
Aux éditions Grasset
 
 
 
(Je tiens juste à préciser que je ne suis ni économiste, ni étudiante en économie (ou alors très modérément : en terminale ES, on commence tout juste, laissez moi un peu de temps), mais une simple amatrice, qui essaye de comprendre un peu le monde dans lequel elle vit et de partager ses lectures et ses découvertes ! De ce fait, merci pour votre indulgence toute particulière (la tolérance est une des clés vers le bonheur, en plus...) si mes termes sont parfois approximatifs, et les procédés pas parfaitement expliqués. ;) )

vendredi 26 août 2016

Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, Romain Gary

Afficher l'image d'origine  "Il m'avait toujours paru que le vieillissement prépare au vieillissement. Il était, me semble-t-il, saisons, étapes, signes annonciateurs du changement : un "peu à peu" qui donne le temps de réfléchir, de se préparer et de prendre ses dispositions et ses distances, se fabriquer une "sagesse", une sérénité. Un jour, on se surprend à penser à tout cela avec détachement, à se souvenir de son corps avec amitié, et se découvrir d'autres intérêts, les croisières, le bridge et des amitiés parmi les antiquaires. Or, je n'avais encore jamais eu de défaillance. Mes sens n'avaient jamais refusé de s'éveiller. Sans doute, depuis longtemps déjà, il n'était plus question pour moi de ces nuits où le corps ne lésine pas jusqu'à l'aube et ne sait même pas compter. Mais tout cela n'avait guère d'importance, car il n'y avait pas d'autre enjeu que de donner à chacun son dû. Il ne s'agissait que d'un échange de bons procédés."
 
Editions Folio
248 pages
1978
 
  Je ne sais plus vraiment si c'est l'envie de lire un livre de Romain Gary, ou le titre qui m'a fait sourire, qui m'a poussée à emprunter ce livre... Toujours est-il que je l'ai laissé traîner dans mon sac une bonne partie de l'été, indécise quant au sort que j'allais lui réserver quand je finissais un autre livre. Puis après avoir commencé des pages de-ci de là sans que rien ne me convainque complètement, mon regard a dérivé vers ce petit poche-là qui restait au fond de mes affaires.
 
  Autant vous dire tout de suite que je l'ai terminé en l'ouvrant deux fois seulement. Impossible à lâcher.
 
  Pourtant j'avais lu des critiques un peu mitigées, j'ai entamé ces deux cents pages pas complètement emballée, après une lecture qui m'avait bien plu.
 
  Mais coup de foudre.
 
  Gary commence son livre sans prévenir, en nous immisçant dans l'intimité de Jacques Rainier, qui voit les affaires tourner vinaigre et qu'on sent rapidement mal avec la réalité du monde, mal avec lui-même et avec ce qu'il dégage, ce qu'il ressent. Mais le lecteur comprend peu à peu ce que Jacques tente de cacher, cette peur qui revient, qui finit par le tarauder et contre laquelle il s'invente un bouclier qu'il espère solide, dont il espère qu'il lui redonnera vigueur, une sorte de fantasme contre lequel il entame une lutte sans merci. (Bon, je ne vais pas vous faire de dessin ou faire durer le suspense, c'est dans le résumé, mais cette peur se traduit par une impuissance sexuelle progressive qui lui fait remettre en doute jusqu'à sa virilité, ses sentiments pour une femme d'une vingtaine d'années qu'il aime et devant laquelle il ne sait plus quelle attitude prendre, quelle contenance se donner pour pallier ce manque.)
 
  Au-delà d'un personnage auquel on s'attache plus que de raison, qu'on comprend malgré l'éloignement oui parce qu'à moins de vingt ans, je vous avoue que les problèmes de prostate...bon... et dont les émotions nous le rendent proche, Romain Gary offre dans Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable une sorte de panorama. Comment dire... Jacques Rainier, de plus en plus détruit par tout ce que ce déclin signifie pour lui, voit tout s'écrouler autour de lui, ce n'est pas que sexuel, mais aussi personnel, professionnel, conjugal... Il se heurte soudain à une réalité de vie dure et qui tire vers le bas. Pourtant il se bat, on assiste à des scènes mi-comiques mi-tragiques de suivi médical, de discussions avec d'autres hommes du même âge qui étalent leur vie sexuelle comme un trophée, pensant prendre l'ascendant sur leur locuteur... Le sujet a beau être tabou, compliqué à traiter, Gary le fait avec une telle finesse, une telle justesse, un humour, certes grinçant, noir mais à tomber par terre, que ça semble finalement assez "naturel", allant de soi, fait pour sa plume sans qu'il aille trop loin, mais sans trop de détours non plus.   
 
  Et puis, il y a Laura, cette jeune Brésilienne dont Jacques est éperdument amoureux, d'un amour partagé, si fort qu'il pense redécouvrir un sentiment, redécouvrir un monde avec elle. Ils s'aiment. Ils sont deux, pour ce qu'ils sont, complètement. Et il est des livres dont vous aimeriez connaître certains passages par cœur pour pouvoir vous les chanter quand vous avez besoin de beauté, de mélodies caressantes et douces. Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable est de ceux-là.
  Romain Gary parvient à retranscrire avec un sublime rare, sans doute inédit, des sentiments fugaces ou plus longs, des émotions nouvelles, découvertes, propres à une personne, pour elle, en elle... J'ai rarement été devant des lignes si belles, contre lesquelles je me retrouvais complètement désarmée, limite désemparée, estomaquée qu'on puisse imager, imaginer, dépeindre trait pour trait, si justement un sentiment unique. Devant lesquelles on se retrouve un peu bête, un peu triste, un peu gai, un peu tout, mais surtout frissonnant d'impression.
  Je ne pourrais pas dire que c'est un roman d'amour ou d'impuissance. C'est plus que ça : il se lit, se comprend, s'assimile, s'aime. C'est une histoire.
 
"Tu effleures mes lèvres du bout des doigts, souris, appuies ta tête contre ma joue et mon cou, et il doit y avoir d'autres façons de vivre, il faut que je me renseigne. De lents voiliers glissent vers des rivages paisibles et je guette leur douce et chaude navigation dans mes veines. Jamais mes bras ne se sentent plus forts que lorsqu'ils crèvent de tendresse autour de tes épaules. Il y a un monde, dit-on, derrière les rideaux, une autre vie, dehors, mais c'est de la science-fiction. Le flot de minutes fait un détour et s'en va grignoter ailleurs." (p.43)
  C'est tendre et brusque, doux et cru, beau et cuisant, pur et douloureux, intime, précis mais tellement universel.
 
  Un cocktail décapant de complétion.

lundi 25 juillet 2016

Les lisières, Olivier Adam


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Entre son ex-femme dont il est toujours amoureux, ses enfants qui lui manquent, son frère qui le somme de partir s'occuper de ses parents "pour une fois", son
père ouvrier qui s'apprête à voter FN et le tsunami qui ravage un Japon où il a vécu les meilleurs moments de sa vie, tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence. De retour dans la banlieue de son enfance, il va se confronter au monde qui l'a fondé et qu'il a fui.
En quelques semaines et autant de rencontres, c'est à un véritable état des lieux personnel, social et culturel qu'il se livre, porté par l'espoir de trouver, enfin, sa place.
 
 
 

Editions Flammarion
453 pages
2012 
 
  Il me semble que j'en avais vaguement entendu parler, à sa sortie, de ce bouquin. Pas certaine... Un avis, ou juste aperçu dans les dédales d'une librairie, à un rayon que je ne fréquentais alors que très rarement.
 
  Olivier Adam est un auteur que j'ai toujours aimé, dont je n'ai pas lu grand chose mais dont les livres m'attirent tous assez. L'épaisseur de celui-ci m'avait déjà arrêtée dans mon élan vers les bornes enregistreuses plusieurs fois mais puisque je suis en vacances, je l'ai finalement -dans l'ordre- emprunté, laissé poireauter une semaine, ouvert un peu timidement, limite sceptique, comme à chaque fois que je quitte des personnages et que j'en retrouve d'autres, que je dois apprendre à aimer pour 450 pages, puis plus lâché. J'ai dû lire l'ensemble en quelque chose comme quatre fois.
 
  Parce qu'il est impossible de lâcher Paul Steiner, son histoire, son mal-être, qui semble prendre source à ses dix ans, le jour où il a tenté de mettre fin à ces jours du haut d'un précipice, inconscient de son âge, pleinement conscient de son geste. Ce jour qui marque aussi sa naissance, son premier souvenir, parce qu'il ne se rappelle de rien avant cela. Qui constitue le début d'un dégoût. De quoi ? Il ne le sait pas vraiment, mais c'est un dégoût qui prend la forme d'une bille de peinture, qui éclate partout sur lui, en lui, dans sa vie, de la vie.
  Et puis il y a Sarah, son ex-femme, qu'il ne peut s'empêcher d'aimer, d'observer, de s'imaginer malgré leur rupture, malgré les tribunaux, malgré les gardes partagées arrangées, malgré les coups bas, les mots durs, les traits froids, tirés, malgré les tentatives de haine, malgré la haine, fugace.
   Et ses parents, et le Japon, et les copains de la cité dans laquelle il a grandi, d'où il s'est échappé pour la Bretagne, mais à laquelle il doit à nouveau se confronter quand il vient aider son père, deux semaines, alors que sa mère est à l'hôpital.
 
  Il y a un peu de tout dans ce livre, disséminé de manière plus ou moins sporadique. Comme si Olivier Adam nous donnait de temps en temps une clé, d'une façon un peu soudaine sans être brutal, pour comprendre Paul, pour l'assimiler, s'y identifier un peu plus. Paul et sa fragilité, sa sensibilité qu'il déplore, sa plume d'écrivain renommé qu'il méprise, sa faiblesse psychologique qu'il cache sous les kilos et la boisson, sa vie en périphérie...
 
  J'en ai parlé avec plusieurs personnes finalement, de ce livre, j'en ai lu quelques chroniques, et je ne crois pas me tromper en disant qu'il ne plaira pas à tout le monde. C'est un livre intimiste, au cours de la lecture duquel je me suis souvent demandé si la frontière entre fiction et autobiographie avait vraiment été établie (je ne pense pas, s'il faut le préciser), dans lequel on contemple un réel tableau psychologique, on dissèque en même temps que l'histoire nous est narrée... Et certes il y a quelques longueurs, ou plutôt quelques anecdotes, détails répétés, qui m'ont un peu dérangée, comme si l'auteur pensait qu'on puisse oublier, qu'on puisse poser son livre quelques semaines, puis qu'on le reprenne parce qu'on n'avait rien de plus urgent, et qu'il faille nous ressituer, nous redonner des précisions déjà mentionnées. Certes. Mais plus que tout, je pense que certains lecteurs vont trouver ça un peu facile, à l'image de l'entourage de Paul. Un peu facile de tout lâcher, Paris, les boulots durs, la famille pesante, l'ambiance nauséabonde, pour s'enfermer dans un petit coin breton de vacances perpétuelles, sans heure ni contrainte, les pieds dans le sable, avec l'ordinateur qui tape tout seul les mots de livres qui font mal à écrire, qui sont le seul moyen pour rester en vie.
  Ce que je m'évertue à expliquer, c'est que ce livre est un récit de vie autant qu'une quête de soi et de sa mort avancée, de son extinction programmée en avance, de sa vieillesse, de ses rides apparues trop tôt, invisibles, mais qui creusent de longs sillons intérieurs. C'est un récit qu'il faut être prêt à encaisser, à dévorer pour sa beauté et sa profondeur, et sans doute pour soi-même aussi, pas pour de nombreux rebondissements "actant", mais plutôt pour des réflexions, des analyses, des retours en arrière, lents, douloureux, sombres mais pour certains éclairants.
 
  Et puis, en lisière de tout, surplombant un livre dont l'histoire et les personnages nous prennent déjà à la gorge, Olivier Adam livre son style poétique et enivrant, enveloppant, un petit peu, des descriptions, des accumulations sans virgule, des transcriptions noir sur blanc de trop-plein, de malaise, des groupes de mots, des phrases courtes puis interminables... Tout se fond en une masse de laquelle on distingue chaque petite étoile, chaque détail, chaque point et chaque adjectif. C'est beau sans hypocrisie, sans détour, sans fioriture. C'est juste, et franc surtout. L'envie et le désir ne sont pas cachés par les kilos et la boisson, eux, exprimés sans trop de pudeur, mais justement, réfléchis, sensuels dans l'idée où tous les sens y jouent un rôle, propre, qui prend le lecteur comme dans un cocon de sentiments et le frappe de l'émotion juste.
 
  Il y a tout un côté politique aussi, une critique de la France telle qu'elle est et telle qu'elle devient, une critique de la droite (en majorité à la publication du livre), du chômage, du racisme déjà ambiant qui ne semble que croître, de la montée du FN, qui nous rappelle violemment à la réalité. Une réalité vieille de quatre, presque cinq ans mais toujours d'actualité...
 
  C'est un roman (aussi peu ou très romancé qu'il soit) complet. Un livre qui ne se ment pas à lui-même, qui ne ment pas à ses lecteurs, et dans lequel l'auteur/le narrateur se dévoile aussi subtilement que sûrement, se met à nu et offre à réflexion, à identification, à quête personnelle.
 
  Frappant de justesse.

samedi 16 juillet 2016

La baie d'Alger, Louis Gardel

Le narrateur est né en Algérie quand elle était française. Il sort de l'adolescence alors que la guerre d'indépendance commence. Un soir, devant la baie d'Alger, il est traversé par la certitude que l'univers où il a grandi est condamné à disparaître. Mais, à quinze ans, la lucidité est une vertu encombrante. Il préfère les élans de son âge. tenter de séduire les filles. Discuter avec Solal, camarade de classe et frère d'élection. S'enflammer pour Proust grâce à un éblouissant professeur qui mène, hors du lycée, de mystérieuses activités. Pêcher avec Bouarab sur la plage de Surcouf. Découvrir que les gens ne sont jamais ce qu'on croit qu'ils sont. Cependant, la violence des événements s'accélère. Comment résister? Dans cet apprentissage, Zoé, sa grand-mère, l'accompagne. Généreuse, elle reste aussi proche du président Steiger, le meneur des colons, que du garçon arabe avec qui elle partage son café du matin. Elle avance, avec sa force de vie, sans gémir sur le paradis perdu.
 
 
 Editions Seuil
247 pages
Août 2007

 
  Je suis tombée sur ce livre totalement par hasard. Au détour d'un rayon de la bibliothèque municipale, entre deux temps de révision de bac je crois, ou peut-être juste après l'avoir passé. Je furetais dans les allées, nouvelle habitude, nouvelle habituée, et puis mes doigts se sont posés sur cette tranche de livre là. Le titre et les vagues qui débordent sur cette même tranche m'ont fait tirer le livre et feuilleter ses pages au hasard jusqu'à lire un paragraphe page 123. Je m'en souviens parce que c'est un des rares paragraphes dans lequel le narrateur dévoile son intimité de jeune adolescent et que cette fragilité m'a tout de suite plu. La guerre d'Algérie est une page de l'histoire qui m'intéresse beaucoup et dont on parle trop peu, de laquelle je n'arrive presque à rien retenir malgré toutes les recherches que j'ai faites.

  Je suis ressortie, mon butin sous le coude, et j'ai entamé ma lecture le soir-même, en relisant d'abord cette page 123, puis en recommençant du début.

  Le narrateur nous plonge dans une atmosphère ensoleillée, un peu hors du temps, dans laquelle il nous immerge du haut de ses quinze ans environ. Il nous livre des scènes, retranscrit des dialogues, montre, filme presque le déroulement de l'Histoire, en marge de son adolescence, de ses premières rencontres, de ses amis, de ses amours, de ses premières fois.

  C'est un retour sur lui-même puisqu'il l'a quittée en 1957 et qu'il écrit quasiment de nos jours. Il se souvient, avec une précision qui ne peut que ravir le lecteur et l'emporter, de ces périodes troubles. Troubles auxquels il ne s'intéresse pas, et qui pourtant le rattrapent.

  Je crois que c'est ce qui m'a le plus frappée dans ce livre : la façon dont les Algériens se séparent diamétralement les uns des autres entre ceux qui soutiennent le FLN, et les "colons". C'est su, bien sûr, on y a droit dans nos manuels scolaires, dans les discours des profs...mais là, c'est différent. Plus réel, plus proche de nous, plus concret et subtil à la fois. C'est aussi ce que le narrateur met en avant, derrière son apparente tranquillité : chacun est obligé de choisir, de se ranger, d'avoir un camp. Et ce même à quinze ans, même lorsqu'on essaye de se tenir à l'écart de la politique, qu'on veut seulement suivre le bonheur mêlé d'amertume de l'adolescence, même lorsqu'on vit dans un milieu privilégié, auprès de sa grand-mère Zoé, qu'on est invité à des réceptions de son ami André Steiger, aussi chef des colons français, qu'on est scolarisé au lycée Bugeaud d'Alger aux profs littéraires et ouverts d'esprit... On voit les personnages se forger une opinion des autres en fonction de leurs orientations politiques de plus en plus nettement au fur et à mesure du livre et donc des années.

  J'ai aimé rencontrer Camus, Charlot, Genet, Sénac à travers les yeux du narrateur, à travers son attendrissante envie, ses accès de jalousie, et les voir agir discrètement, à l'image de la manière dont Louis Gardel écrit. Sans description longue, sans trop de fioriture, mais avec ce ton agréable et ces phrases courtes, baignées du parfum d'Algérie dont on s'imprègne à travers les pages.

  Et puis l'avis du narrateur, parti à Paris en 1957 pour une hypokhâgne, et puis la place qu'il ne trouve sienne nulle part, et l'image que tout un chacun se fait de lui en fonction de ses origines sans le laisser aligner deux mots :" Je suis, que je le veuille ou non, un acteur, rangé par ma naissance dans le rang des colonialistes " pour certains, et pour d'autres, simplement, un raciste.

  Louis Gardel évoque avec beaucoup de sensibilité des souvenirs, dans une prose sublime, concise, un brin mélancolique de ceux qui ont connu les goûts, les odeurs, la musique, la douce et sauvage beauté de l'Algérie. Loin de la "délectation morose" de Musset, que la grand-mère Zoé a en horreur, proche de la mémoire un peu enfouie, un peu cachée dont on veut garder la saveur la plus pure.

  C'est un livre dont l'authenticité m'a beaucoup plu, touchée, dont on ressort l'esprit ailleurs, le regard à la fois plus critique et plus tolérant, dont la sobriété permet la maturité du lecteur, lui offre une ouverture, une échappatoire historique et le met aussi face à lui-même et à des préoccupations, des troubles plus actuels.


Pour plus d'infos, je vous partage ce lien du Figaro, un avis que je trouve assez édifiant et juste : http://evene.lefigaro.fr/livres/livre/louis-gardel-la-baie-d-alger-29870.php

dimanche 29 mai 2016

La condition humaine, André Malraux






  "Il savait d'expérience que la pire souffrance est dans la solitude qui l'accompagne. L'exprimer aussi délivre ; mais peu de mots sont moins connus des hommes que ceux de leurs douleurs profondes."


Editions Folio
352 pages
1933





  J'ai terminé Si c'est un homme, de Primo Levi, sonnée. En état de choc. Au sens littéral du terme. Bouchée bée, mais aussi cœur et et conscience "bés". Je n'avais plus vraiment de voix, plus vraiment de pensée, de notion du Bien, du Mal comme ils m'étaient toujours relativement clairement apparus. Je ne savais pas trop ce que je voulais, seulement que je voulais lire quelque chose, étayer, étoffer, continuer, m'acharner. J'ai pioché un peu au hasard dans la bibliothèque familiale, un bouquin de poche, déjà tout corné (je vous dresse le portrait-cliché mais rassurez-vous, je n'ai pas découvert de Minimoys), et puis j'ai commencé, bille en tête.
  Ça débute assez abruptement. On entre comme un étranger, un espion dans le microcosme révolutionnaire qui prépare le soulèvement de la ville de Shangaï. On est en 1927, alors que Chang-Kaï-Shek est sur le point de rompre son alliance avec le Parti Communiste Chinois, pour jouir seul de la gouvernance de la Chine.
  Ne connaissant pas (absolument pas) cette période historique, et même quasiment rien qui se rattache de près ou de loin à l'histoire de la Chine, j'ai eu quelques hésitations avant de continuer ma lecture mais en me renseignant un peu, je me suis raccrochée aux branches. Heureusement.
  21 mars 1927. Pour mener à bien l'insurrection, le groupe de Kyo a besoin d'armes. La mission de Tchen : récupérer les informations nécessaires sur un trafiquant d'armes pour pouvoir ensuite s'approprier les dites-armes et les distribuer aux futurs insurgés.
  Pas de répit. Dès les premières pages, on est confrontés à la dureté du choix. Tuer pour sauver ? Bien ? Mal ? Comment tuer pourtant ? "Un seul geste, et l'homme serait mort. Le tuer n'était rien : c'était le toucher qui était impossible."
  Tout au long des pages que je voyais défiler, je me rappelais des Justes de Camus, qui préparent un attentat contre le grand-duc Serge dans la Russie du début du XXème siècle. Même groupe de personnages : un groupe révolutionnaire, dont seule la nationalité diffère, mais que la cause et le but rapprochent ; même problématique : limite entre le bien et le mal, la conscience et l'inconscience, le sauvetage et la cruauté.
  L'histoire est inchangée par rapport à ce qui s'est réellement passé dans le Shangaï de 1927, fidèle. Prétexte ? C'est comme ça que je l'ai perçue, en tout cas. Une histoire qui sert de prétexte à Malraux pour développer bien d'autres thèmes, bien d'autres idées.
  Comment poser des mots ? Et à lui ? A Malraux, comment les lui sont-ils venus ?
  Ça commence avec la justesse d'un meurtre, ça continue avec la cruauté de l'amour, avec la cupidité des hommes, l'engrenage de la détention du pouvoir, la déité qu'ils veulent atteindre... Malraux nous plonge dans une méditation continue qui nous fait passer par différents chapitres de la vie, différents sens de l'existence, et différentes visions du monde et de l'Homme.
  Ça tient peut-être aux personnages, fouillés, creusés, disséqués, dont les tergiversations nous sont exposées impudiquement.
  Ça tient peut-être au style malrucien, simple, mais grand. Pas "beau", non : grand. Et humble.
  Il n'y a pas d'enseignement, de morale, seulement une exposition, une vue, comme une coupe de l'Histoire. Vous savez, ces expériences scientifiques "Coupe latérale de ***" (vous voyez l'idée, ça va, je suis en ES, ne m'en demandez pas trop)...c'est exactement comme ça que je perçois ce livre. Une coupe philosophique de l'Homme, de sa manière de manier l'Histoire, d'organiser ses pensées et ses sentiments. Malraux nous fait un cadeau ; celui d'appréhender les tropismes d'un être de manière neutre, en nous donnant juste ce qu'il faut pour pouvoir nous faire nos propres idées, et réfléchir nous-mêmes. A l'image de cette expression britannique "It gives you food for thought".
  Tout est subtil, intelligent.
"- Qu'entendez-vous pas : l'intelligence ?
[...] Chaque fois qu'il posait cette question, son interlocuteur, quel qu'il fût, répondait par le portrait de son désir, ou par l'image qu'il se faisait de lui-même."
  Je suis bien restée un bon quart d'heure sur certains paragraphes. Lorsqu'intervient Gisors, généralement, sage philosophe, intellectuel marxiste drogué à l'Opium, auprès duquel les personnages viennent se confier. Il y a en lui la profondeur que Malraux donne à son livre. Il y a ses doutes. Il y a ses peurs. Il y a ses incompréhensions. Il y a comme une explication partielle de la vie et de ce qui rapproche l'Homme de cette dernière. Ou non. Il y a la mort, sa subjectivité, son éternité. Il y a un monde qui s'offre au lecteur, qui le mène comme une quête initiatique, comme un voyage, dans un état second aux relents d'Opium.
  J'ai aimé découvrir cette partie de l'Histoire de la Chine. J'ai aimé May, sa féminité et son courage. J'ai aimé les sacrifices et ce qu'ils impliquaient. J'ai aimé disséquer les personnages comme Malraux nous le permet, et me disséquer moi en même temps. J'ai aimé ce rapport constant que Malraux établit entre meurtre et sexualité. J'ai aimé la révolte, et ses causes, humaines ou sociales, individuelles ou collectives, et ses distinctions.
  J'ai aimé commencé à prendre conscience de la condition humaine.

lundi 16 mai 2016

Si c'est un homme, Primo Levi

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" Alors, pour la première fois, nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte : la démolition d'un homme.  [...] Nous savons, en disant cela, que nous serons difficilement compris, et il est bon qu'il en soit ainsi. "


Editions Pocket
Traduit de l'italien par Martine Schruoffeneger
271 pages




  Primo Levi a vingt-quatre ans lorsqu'il est arrêté comme résistant en février 1944 puis déporté à Auschwitz, où il restera jusqu'en janvier 1945, date de libération du camp par les Soviétiques. Si c'est un homme, paru pour la première fois en 1947, est l'un des premiers témoignages d'Auschwitz, un des premiers "journaux de bord" d'un déporté.
  
  Cela faisait plusieurs mois que je voulais lire ce témoignage. On l'a évoqué à plusieurs reprises à titre d'exemple en cours cette année, et à chaque fois je regrettais de ne pas avoir parcouru intégralement les lignes de Levi, même si l'histoire générale n'est pas très énigmatique, puisque tristement célèbre. C'est finalement après la visite du Mémorial de Caen (que je conseille vivement, au passage) que j'ai décidé de commencer cette lecture.

  Des récits de guerre, des livres sur la Shoah, sur l'expérience des camps, j'en ai beaucoup lu, très jeune, peut-être trop jeune, en ayant l'impression de comprendre, en allant parfois jusqu'à m'assimiler aux personnages. C'est avec plus de recul que j'ai pu lire Si c'est un homme, à la lumière de mes cours, aussi, de détails que je ne connaissais pas jusqu'à cette année. 

  Primo Levi nous livre ici le récit de l'inhumanité. Une inhumanité qu'il a vécue. Une inhumanité qui frappe, parce qu'aussi fictive qu'on la désire, elle est bel et bien réelle, offerte sans arrondi ni fioriture, mais telle quelle. 

  En nous faisant vivre au rythme d'Auschwitz, de la Buna, d'un quotidien qui n'a plus rien de temporel ou d'intemporel, Primo Levi braque notre regard naïf de lecteur du XXIème siècle sur les années de néant, de calvaire, de déshumanisation qu'ont vécu les plusieurs millions de déportés du camp. Je tournais les pages du livre sur la mélodie d'un mot qui se répétait encore et encore et qui perdait lui aussi son sens. "Inhumain".

  Nous-mêmes, lecteurs, n'avons plus aucun repère, plus aucune notion du bien ou du mal, ne sommes que spectateurs indiscrets de la fin de ces hommes, de ces vrais hommes. On ne voit plus de personnages, de simple histoire, aussi horrible soit-elle. On assiste à la mort organisée de personnalités, d'individualités, qui n'ont rien de la masse et des chiffres de nos manuels d'histoire, mais tout de ce qui nous construit tous. "Qu'on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu'il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement de tout ce qu'il possède : ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité : car il n'est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même ; ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le cœur léger, sans aucune considération d'ordre humain, si ce n'est, tout au plus, le critère d'utilité."

  Très vite il n'y a plus d'espoirs, annihilés par les fumées noires. Des illusions pour les "gros numéros", ceux qui sont arrivés en dernier et ont encore une vague idée de leur identité. Le microcosme créé dans le camp a tout d'un roman de science-fiction, un roman noir où les traits des mauvais auraient été durcis, exagérés, où la faiblesse des travailleurs, où leurs mauvaises conditions d'existence auraient paru trop peu plausibles. Mais tout cela n'est que vérité. Réalité. Avec aucune remise en doute possible. Seulement ce qu'il s'est passé.

  C'est dur de se dire que l'homme peut en arriver là. C'est dur de réaliser à quel point il est facile de catégoriser les autres en universalisant nos prises de position. C'est dur d'élargir ces prises de conscience au monde contemporain. C'est dur de se dire que notre société fait encore miroiter une inégalité basée sur des critères aussi subjectifs qu'impossibles à comparer. Rien à voir, rien qui puisse se rapprocher des monstruosités commises par les SS, qui n'avaient pour seule vanité et différenciation possibles de ceux qu'ils abattaient celles d'être nés au bon endroit au bon moment dans une famille "bien comme il faut". Pourtant quand on pousse un peu la réflexion, qui n'a jamais été confronté à ce malaise ? Qui ne s'est senti infligé une certaine infériorisation ? 
C'est dur de réaliser la brièveté avec laquelle des marques laissées au fer rouge sur la peau de l'humanité peuvent cicatriser. Dur de réaliser que rien n'est complètement indélébile. Ô combien dur de réaliser que la bêtise est un nom d'homme.

  C'est ce livre qui nous fait grandir. Pas "un de ces livres qui". Ce livre qui fait mûrir notre réflexion, qui remet en question nos idéaux, nos valeurs, nos repères, nos sens, notre éveil. Ce livre qui détourne de nos "moi" individuels et individualistes, qui "décorporise" et ne nous laisse que nos consciences, au moins jusqu'à ce que la société nous rattrape.

  Je pense que nous ne pourrons jamais rendre compte avec justesse de ce que ce témoignage nous donne. Je n'ai pas la prétention, et ne pourrai très probablement jamais l'avoir, de dire que j'ai décrypté, que j'ai compris, car la clarté de Primo Levi n'est porteuse que d'incompréhension, mais je peux vous dire à quel point mon regard est neuf. Et je peux vous crier plus fort encore qu'avant que je préfère une marque rouge et indélébile à la menace de numéros tatoués.

  

jeudi 24 décembre 2015

Une vie, de Guy de Maupassant

 
Ecrit par Guy de Maupassant
Aux Editions Le Livre de Poche
250 pages

Résumé Livraddict
 
  Jeanne, fille unique très choyée du baron et de la baronne Le Penthuis des Vauds, avait tout pour être heureuse. Son mariage avec Julien de Lamare, rustre et avare, se révélera une catastrophe. Sa vie sera une suite d'épreuves et de désillusions. Ce roman, le premier de Guy de Maupassant, est une peinture remarquable des moeurs provinciales de la Normandie du XIXe siècle : hobereaux, domestiques et paysans y sont décrits avec beaucoup de réalisme.

                  MON AVIS
 
  Etant en Première, j'entends parler de ce livre en cours depuis plusieurs années et j'ai eu envie (j'ai aussi été nettement encouragée par ma prof de Français, je ne vous le cache pas !) de le lire dans son intégralité. Après mon coup de cœur pour Madame Bovary, j'ai pensé que ça serait une bonne transition puisque les réactions de Jeanne et Emma face à leur vie sont complétement antithétiques finalement.
 
  J'ai donc débuté ma lecture avec un apriori plutôt positif, étant donné que j'aime beaucoup Maupassant de manière générale, pour son style percutant que j'avais déjà repéré dans ses nouvelles.
 
  L'histoire commence de manière assez "basique" : on entre dans la vie de Jeanne, qui vient de terminer son éducation au couvent et est prête à mordre la vie, choyée par ses deux parents qui ont une certaine situation. Ils s'installent aux Peuples, à la campagne, et rapidement, Jeanne rencontre Julien, un jeune homme distingué, charmant, tout ce dont la naïve jeune fille rêvait jusqu'alors. Ils se marient, toujours dans cette illusion de bonheur et de romantisme, mais très vite, le joli tableau s'entache.
 
  J'ai retrouvé avec plaisir le style de Maupassant, plus en longueur cependant que dans ses nouvelles. Tout est travaillé, chaque mot est choisi et notre lecture est très fluide : les descriptions sont, au bonheur de certains, assez rapides et n'occupent pas les deux tiers des pages ! Et puis, il y a ce réalisme permanent, ces sentiments décrits qui sont si vrais et si identifiables aux nôtres... Moins que dans Madame Bovary, où je m'étais complètement, mais alors complètement retrouvée (no comment), mais c'est admirable comme Maupassant arrive à définir certaines émotions et certaines scènes.
 
  C'est d'ailleurs toute la spécificité du livre, dont l'histoire n'est pas d'une originalité folle en soit. La peinture de la vie d'une femme trompée, trop honnête pour faire de même, un mari ignoble que chaque lecteur a envie de secouer, et cette vie qui continue d'avancer, parce qu'aussi odieux que soient les personnages, elle ne s'arrêtera pas pour eux.
 
  Je me suis beaucoup attachée à Jeanne, malgré nos différences : on la découvre petite fille, naïve, innocente, comme un oisillon qui tombe du nid et qui peine à commencer à voler. On a envie de l'aider, de lui ouvrir les yeux, de remuer ses ailes, mais elle reste dans ce petit monde fleuri qu'elle a toujours imaginé, dont elle se pense au centre désormais. Elle est généreuse, belle, insouciante et bien vite amoureuse de Julien, qu'elle ne connaît pas. Amoureuse... Qu'est-ce qu'on sait de l'amour à 17 ans ? Que représente un mariage à 17 ans ? Peu importe : elle l'aime, elle en est convaincue. Jusqu'à ce qu'elle connaisse ses travers, ses défauts, ses lâchetés, ses tromperies.
 
  On suit Jeanne de ses 17 ans à sa vieillesse, on assiste à ses nombreuses désillusions, à ses petits bonheurs, à ses très rares grandes joies. Ce n'est que l'histoire d'une femme comme celle de plein d'autres à cette époque. Pourtant c'est elle qui est décrite ici, c'est sa fragilité, ses sentiments, tout ce qui la différencie des autres justement.
 
  J'ai beaucoup aimé ce livre pour tout ce que Maupassant a su y faire passer et tout ce qu'il a pu y décrire, y décortiquer aussi brillamment, malgré une fin qui m'a un peu moins plu que le début. Moins percutante selon moi.
 
  Si ce n'est pas déjà fait, je vous encourage vraiment à vous y plonger, c'est une très belle lecture qui marque les cœurs, surtout au début, et dans laquelle chacun pourra se retrouver !
 



samedi 14 novembre 2015

LETTRE OUVERTE À LA JUSTICE

Justice,

  Toi que tout le monde implore, comme on t'a implorée en janvier et à chaque nouvelle horreur que le monde voit naître, nous nous battons pour toi.

Hier soir, ton ennemie a déversé sa haine sur Paris, sur des innocents. Des innocents qui auraient pu être ailleurs à la même heure et ne pas mourir sous les balles. Des innocents tués dans les larmes, l'effroi,  dans le sang encore tiède glacé par la peur d'autres innocents.

  Justice, pourtant, tu ne nous as pas quittés. Oui, tu as été menacée,  oui tu as été bafouée,  oui tu as été impuissante devant tant de haine et d'inhumanité. Mais on te voit déjà reprendre des forces et grandir et ce ne sont plus les rues de Paris qui sont trop étroites pour leur carnage, mais bien toi, Justice, qui deviens trop grande et forte pour qu'ils puissent s'attaquer à toi de nouveau.

  Nous sommes tous unis,  aujourd'hui plus que jamais. Tous unis en ton nom et au nom de la paix, de l'humanité. Et tous les obstacles, toute cette violence qui nous encerclent et nous emmurent ne forment plus que des barricades de papier qu'on commencera pas taguer,  puis par noircir d'encre qui coulera à flots comme nos larmes, et alors seulement on les déchirera. Comme ils ont déchiré nos coeurs.

  Justice, ne nous abandonne pas, ne les laisse pas gagner. Et entends les féroces soldats mugir derrière toi.

dimanche 6 septembre 2015

L'écume des jours, Boris Vian

 
Résumé Livraddict
 
  L'Ecume des jours : ce titre léger et lumineux annonce une histoire d'amour drôle ou grinçante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans.
C'est un conte de l'époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, merveilleux et fantastique, féerique et déchirant. Dans cette ?uvre d'une modernité insolente, l'une des plus célèbres du Xxe siècle et livre-culte depuis plus de trente ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, le cauchemar va jusqu'au bout du désespoir.
Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l'amour absolu et la musique des noirs américains
 
Ecrit par Boris Vian
Aux éditions Le Livre de Poche
350 pages
 
         MON AVIS
 
  Ca faisait longtemps que j'avais envie de lire ce "classique", surtout depuis son adaptation au cinéma et donc toute se re-médiatisation et j'ai profité des vacances pour m'y plonger.
 
   Je partais avec un bon apriori, sans vraiment connaître quoi que ce soit de l'histoire, en fait...c'était plutôt le titre que je trouvais joli et qui me rappelait un peu le nom du blog, tout ça...bref je me suis lancée.
 
  C'est un roman qui parle d'amour, d'humour, de déchirement, d'écroulement d'un monde, d'absurde, de folie, d'isolement, d'enfermement... Beaucoup de thèmes sont abordés dans un désordre assez remarquable, on doit bien le dire et c'est parfois difficile à suivre... Je sens que cette chronique va être laborieuse...
 
  On rencontre tout d'abord Colin et Chick, deux amis, dont le dernier présente sa petite amie Alise à Colin, ce qui lui donne envie de trouver l'amour. Il rencontre alors Chloé, une jeune femme qu'il épouse. L'histoire semble jusque là stable, même si la passion partrienne de Chick le pousse à dépenser compulsivement son argent pour se procurer ses œuvres. Mais c'était sans compter la maladie de Chloé qui, subite, va bouleverser à tous leur Destin.
 
  Boris Vian nous embarque dans une histoire un peu sans queue ni tête, dont je n'ai pas compris l'intrigue très vite. C'est en y repensant et en lisant quelques analyses que je me suis rendue compte que plus qu'une intrigue en particulier, il avait voulu montrer la chute de tout un monde, qu'on découvre au début de l'histoire si heureux, positif, trop idéaliste. L'histoire n'est qu'un prétexte pour exposer le naufrage complet du beau paysage que Vian avait créé.
  La psychologie des personnages, soumis à leur Destin, en quelque sorte, avec cette idée très tragique, est dure à suivre car on est tenus très à l'écart de l'histoire, cependant en s'y attardant, on comprend que c'est aussi sur elle que Vian a voulu cadrer son roman.
 
  Le style est beau, chaque mot est pesé et même si les dialogues paraissent absurdes, le charme de cette écriture tantôt naïve, tantôt soutenue, tantôt familière se forme et ne cesse de nous étonner pendant notre lecture. Les métaphores sont belles et immergent le lecteur dans cet univers bien particulier.
 
  Je suis ressortie de ce livre perplexe, sans trop savoir si j'avais aimé ou non. Ca fait un moment et je n'arrive toujours pas à me fixer sur un avis car je pense ne pas avoir tout compris ; il y beaucoup de sens cachés, de sous entendus, de jeux de mots qui nécessitent, à mon avis, plusieurs lectures pour pouvoir tout saisir. Je ne peux pas encore comparer au film mais j'espère qu'il sera aussi intéressant  que le livre.
 
  Et vous, l'absurde ? Vous aimez ? :)

vendredi 28 août 2015

La Princesse de Clèves, de Madame de La Fayette

 
Résumé Livraddict
 
" Je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais fait à un mari... " Sincère, tourmentée, la princesse de Clèves ne parvient plus à taire ses sentiments. Elle brûle d'amour depuis trop longtemps pour le duc de Nemours, l'un des plus beaux fleurons de la cour d'Henri II. Son désir est ardent ! Désespéré ! Mais elle a juré fidélité à son époux, le prince de Clèves
Elle aspire au bonheur et ne peut brader sa vertu. Elle veut aimer sans trahir... Cruel dilemme ! Faut-il donc renoncer au monde ? Faire ainsi le malheur d'un mari et d'un amant ? La mort est-elle préférable aux affres de l'amour ? Du mariage au déchirement, de la pudeur au sacrifice... Madame de La Fayette exprime jusque dans ses plus impudiques silences la langue subtile de la passion
 
Ecrit par Madame de La Fayette
Aux éditions Folio classique
288 pages
 
             MON AVIS
 
  Je vous avais promis du classique...je ne vous ai pas menti !
  J'ai entamé ce livre en commençant à préparer mon année de Première puisque, oui, dans quelques mois c'est le bac, youpi, hauts les cœurs ! Et donc je bossais le chapitre sur les personnages dans le roman, avec Réviser son bac avec Le Monde de l'année dernière (au passage très bien fait et très complet, avec des exemples, pour ceux qui sont intéressés) et il citait l'exemple de La Princesse de Clèves pou je ne sais plus quel sujet l'apprentissage de mes leçons commence bien !, ce qui m'a rappelé qu'il traînait dans ma PAL depuis quasi un an.
  Je me suis donc plongée dans l'histoire de cette princesse aux apparences parfaites mais au cœur tourmenté. Alors que son mari n'a d'yeux que pour elle et serait prêt à tout sacrifier pour qu'elle lui retourne son amour, elle est déchirée entre la loyauté qu'elle lui a toujours promis et son amour pour M. de Nemours, un homme volage qui court de conquête en conquête mais semble hypnotisé  par Mme. de Clèves.
  C'est le premier "roman d'analyse" du XVIIème siècle que je lis et ça m'a beaucoup plu, malgré les quelques longueurs du début sur les personnages de la cour, les liens, les parentés, les maîtresses, les maris...à s'y perdre ! Je suis passée à côté de pas mal d'informations que je lisais sans vraiment comprendre, mais rien de gênant pour l'histoire par la suite. Quand on vous explique que, oui, le quatorzième fils a épousé cette duchesse et a pour maîtresse une telle et...bref, vous voyez l'idée.
   L'histoire, on la connaît tous, pas vraiment besoin d'épiloguer, mais ce qui est intéressant dans ce livre, c'est la façon dont l'auteure dépeint la psychologie des personnages : tout est très net. On devine l'influence de la préciosité je me suis aidée de Wikipédia, oui, et alors ? dans le style de Madame de La Fayette, d'une part avec le thème du livre qui est centré autour de l'amour, d'autre part avec toutes ces questions posées sur l'amour, le mariage, le libertinage. Par ailleurs, on voit que le livre s'inspire du théâtre classique -de la tragédie- avec le "nœud tragique" de l'histoire que forme l'amour impossible de Mme de Clèves et de M. de Nemours.
  On comprend très bien tout ce que les deux protagonistes ressentent, leur passion autant que leur déchirement et, sans s'attacher particulièrement à eux, on s'y identifie facilement. Ca se passe sous le règne de Henri II, certes, mais ça reste une histoire d'amour très intemporelle.
  Ce que j'ai beaucoup aimé, aussi, c'est ce constant rapport avec l'histoire. Même si les personnages sont fictifs, Madame de La Fayette a pris le soin de "cadrer son récit". Elle est très rigoureuse sur les faits historiques et donne un aperçu de ce qui se passe à la Cour, bien sûr, mais aussi des faits qui ont véritablement marqué l'histoire. J'ai surtout retenu son résumé sur la naissance de l'anglicanisme avec Henri VIII et son divorce, mais il y a beaucoup de petits épisodes importants comme celui-ci, qui sont racontés et expliqués, ce que j'ai trouvé intéressant.
  Voilà, un petit classique à ajouter au bagage, mais pas pénible du tout, même appréciable et qui m'a bien plu ! Sans que ç'ait été un gros coup de cœur, ça se lit vite et facilement.
 
(Désolée si cette chronique est un peu "bazar"...la première depuis des mois et des mois alors merci pour votre indulgence :) )

samedi 22 août 2015

Come back ? :)

Okay... Ouh ça fait bizarre quand même de retaper quelques mots après des mois et des mois...!

  Alors voilà ! Welcome back ^^" Je ne me sentais pas trop de réécrire une chronique comme ça, sans rien vous dire, donc je fais un petit article juste pour vous dire que je reprends le blog, que j'avais plus ou moins décidé de laisser tomber...enfin j'étais en réflexion, pas très décidée, dans une période un peu (très !) compliquée et puis il y a eu l'Australie (pour ceux qui savent) et tout le reste...bref ! Je n'ai pas eu des masses de temps pour lire, m'occuper du blog et surtout, je n'avais plus du tout l'envie ni la motivation... Je sais que je vous l'ai souvent laissé entendre souvent, mais à la fin je me forçais plus qu'autre chose, et en me rendant compte de ça j'ai compris qu'il y avait un petit souci quand même. Mais pendant les vacances, j'ai pu relire un peu, choisir ce que je lisais...et je me suis replongée dedans et voili voilou...quelques coups de pouce aussi ( ;) <3 )
  En revanche, je ne veux rien dénigrer, rien maudire ou je ne sais quoi, mais la littérature enfant/ado, vraiment j'en ai marre. Ca m'a bercée...toute ma vie en fait, mais là, vraiment je sature et j'ai besoin d'autre chose... Donc je pense qu'à partir de maintenant, les chroniques ça sera classiques et bouquins pour adultes, occasionnellement ado mais je préfère vous prévenir... O:) Même si en soit, ça ne change rien à ma vision des choses sur la litté enfants...je la trouve formidable et pleine de sens, pleine de magie, mais les enfants grandissent aussi et il faut bien qu'ils fassent face au monde réel en oubliant un peu la magie des histoires... :)

  J'espère que cette fois sera la bonne et que vous serez là autant que vous l'avez été...ce blog c'est aussi et surtout pour discuter avec vous et c'est une des choses qui m'a le plus manquée !

  Plein de bisous et à très vite pour une chronique <3

mardi 3 mars 2015

Mois après Mois #3

Untitled

 
Vacances // Déjà finies // Dommage, c'était bien ! // P'tite dijonnaise à la maison // P'tit enjaillement à Montmartre...un Montmartre croulant sous le chocolat ;) // Explosion dans le micro-onde // Ca sent le chocolat partout maintenant // Visite de ma nouvelle bibliothèque ! // Démotivation pour le blog // Charlotte // David Foenkinos ♥ // Lectures scolaires // Rougon-Macquart // Zola, l'écrivain de ma vie ♥ // COURRIER INTERNATIONAL ! // DS de Maths... // Visite de Fénelon pour la prépa // Super impression ! // Décision prise pour ma filière :D // 16 à ma première dissert' *danse de la joie* // Plans pour notre nouvelle cuisine ! // Billets réservés pour l'Australiiiiie !! ♥ // Mais vol retardé... :/ // Envie d'un Polaroïd // Mais les films, c'est carrément trop priceless // Saturation de story Snap mutuelle entre potes O:) // Mars : le mois de mon anniversaire ! // 16 ans, ça paraît grand // ...petit coup de vieux ! // Mois du Salon du Livre ! // Avoir juste envie de chanter toute la journée et qu'on me fiche la paix // Plaid doudou ♥ // Mauvaise, très mauvaise blague :P // Moral à 0 // Larmes // Rire // Pardon trop facile ;) // Arrêter de repousser les choses au lendemain // ...objectif pas encore atteint O:) // Abercrombie // Sur la route :D // Couettes... ^^" // Honte ! // Musiiique ♥ // Sérénade de Schubert // Piano // Matilda Oskar Schuster // Fauve en boucle // Emotions
 
Encore plus le bazar que la dernière fois ! ^^ Ca va dans tous les sens mais je crois que c'est le but alors autant ne pas se censurer ! ;) :*

jeudi 26 février 2015

Charlotte, de David Foenkinos

  Cette chronique, je ne pensais pas l'écrire. 
Parce que je pensais simplement avoir laisser mon dernier point clore mon aventure bloggesque. 
Mais finalement non ? 
Peut-être. 
Peut-être pas. 
Mais en tout cas, je suis certaine d'une chose : l'aventure s'arrêtera définitivement si cette chronique n'est pas différente. 
Alors pardonnez-moi si je prends quelques libertés, si c'est un peu le bordel, si c'est un peu plus franc et un moins rond que d'habitude, mais j'ai envie, j'ai besoin de m'exprimer comme je le fais dans la vraie vie. 
Surtout pour Charlotte.
  Ce bouquin que j'ai dû lire à l'arrache pour un exposé qui me saoûlait un peu, sur le prix Renaudot de cette année. 
Et puis aussi, c'était carrément priceless pour un petit livre de 200 pages...avec même pas de jolie couverture, rien de particulier, quoi. 
Mais bon, après quelques bouquineries j'ai fini par le trouver chez Gibert un peu moins cher... 
Je me suis dit que de toute façon j'avais pas vraiment le choix...et j'avais pas vraiment le choix !
  Et puis je me suis laissée emporter. 
Un petit bouquin court et avec une couverture toute pétée okay, mais putain ! ... j'ai même pas vraiment compris ce qui se passait... 
Je n'ai pas vraiment lu, c'est plutôt Charlotte, et Charlotte qui m'ont happée. 
L'histoire de cette peintre, sa vie, ses déboires, toute sa douleur, je l'ai ressentie comme je n'avais jamais rien ressenti dans un livre. 
C'était fort, c'était puissant, c'était beau, c'était fragile, c'était juste et complètement poignant, carrément frappant. 
Comme un poing qui vous arrive en pleine gueule et qui vous empêche de vous relever.
  L'histoire d'une jeune femme, d'une fille dépassée par ce qui lui arrive, perdue dans ce monde en guerre dans lequel elle doit se cacher, qu'elle finit par détester. 
Un monde qui la rejette et qui lui arrache tant de choses. 
L'empêche de vivre tant de choses. 
L'emprisonne. 
La camisole.
  Je l'ai ouvert comme ça. 
Il y avait des retours à la ligne à chaque point.
Comme un poème.
Comme une chanson.
Un peu comme les couleurs d'un tableau.
Un peu comme les tableaux de Charlotte.
Alors j'ai compté, j'ai essayé de comprendre, de savoir.
Mais non, il n'y avait ni pieds, ni vers, ni rien.
Juste la volonté de retourner à la ligne.
Pour respirer.
 Parce que Charlotte est différente.
Et que Foenkinos jette sa vie.
D'une façon si crue qu'elle en devient presque malsaine.
Alors on s'y fait.
On va juste à la ligne.
Et on se rend compte que c'est nécessaire pour avancer.
Et pour respirer.
  Charlotte m'a eue en un dimanche.
Un dimanche un peu gris.
Heureusement.
J'aurais pas supporter qu'il fasse beau, qu'il y ait un grand soleil alors que je lisais cette histoire, cette vérité.
Un dimanche où rien n'allait vraiment.
Où j'étais triste et fatiguée, un peu déprimée.
Et puis il y a eu Charlotte.
Voilà.
Ca tient en un mot.
Juste son prénom.
Charlotte.
J'ai cru qu'une histoire d'amour allait une fois de plus tout arranger.
Que les faits seraient romancés ou du moins écrits avec pudeur.
Mais non.
Rien à voir avec cette délicatesse propre à Foenkinos.
Là c'était juste à l'état brut.
Et c'est ce que j'ai aimé.
Cette franchise, cette vérité, cette lourdeur dans les mots qui ont noirci les pages à demi écrites.
Et puis Charlotte est là et elle vit.
Et elle meurt aussi.
Parce que tout est dit et que rien n'est caché.
A la fin, elle meurt.
Voilà.
Point.
Fin de l'histoire.
Tuée alors qu'elle était enceinte, à 26 ans.
Sérieusement ?
Oui oui.
Vous pouvez dire merde, vous pouvez avoir un battement de coeur en moins, ça changera rien.
Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle a carrément pas été la seule.
Et que c'était complètement gratuit.
L'histoire de Charlotte est exceptionnelle pour sa douleur et sa tristesse.
Elle prend aux tripes parce qu'on a mal pour elle.
Parce qu'on comprend et que jamais on ne pourra comprendre.
C'est trop personnel et trop publiquement étalé.
Trop frappant, trop... Trop, voilà.
Charlotte, c'est un bouquin pour adulte.
Charlotte, c'est un bouquin qui a gagné des prix.
Charlotte, c'est un bouquin qui a été écrit par David Foenkinos.
Trois catégories.
Et pourtant, Charlotte est inclassable.
Peut-être parce que cette inconnue nous paraît soudain tellement proche et tellement réelle que c'est flippant.
Peut-être pas.
Y a un truc spécial.
Juste et fragile.
Injuste et puissant.
Bref, un truc un peu bizarre.
Qui change tout et qui me fait dire que finalement, David Foenkinos s'en fout un peu de tout ça.
Qu'il a juste écrit ce bouquin pour Charlotte et pour lui.
Parce que ça le taraudait et que ça devenait trop lourd à supporter sans qu'il ne couche sur papier tous ces mots et tous ces faits qui tournaient dans sa tête et dans ses veines.
Voilà.
C'est l'impression que m'a fait Charlotte.
Un bouquin presque égoïste, et qu'on garderait bien pour nous, aussi, en lecteurs, mais qu'on a besoin de partager avec une personne.
Vous savez, cette personne qui nous comprend plus que nous-mêmes ?
Alors maintenant, vu que c'est fait, je le partage avec vous.
  Je ne sais pas si je vous ai convaincus, si je vous ai donné envie...
Ca serait méchant de dire que je m'en fiche un peu ?
Désolée alors, mais je pense que si vous lisez cet espèce d'extraterrestre, vous comprendrez ce que je veux dire.
Tout est tellement intérieur et intériorisé que...les autres, ça passe après.
Bon...je sais, c'est un peu bizarre cette chronique, ces mots que je vous lâche comme ça mais je ne vois pas vraiment comment le faire autrement.
C'est juste le ressenti d'une histoire tortueuse et les cendres, les miettes de ces pages qui ont un peu crevé mon cœur.


Un ressenti qui se rapproche un peu de ça
Le reste, on s'en fout :)

mercredi 28 janvier 2015

La distance astronomique entre toi et moi, de Jennifer Smith

 
Panne de courant généralisée à New York.
Immobilisés dans l'ascenseur, Owen et Lucy font connaissance.
Lui, le fils du gardien, qui vient de perdre sa mère. Elle, la solitaire, aux parents globe-trotteurs. Ils ont juste une nuit, une nuit féérique où la ville est éteinte, à partager en haut d'un toit, à contempler les étoiles et à rêver de voyage.
Jusqu'où une seule nuit peut-elle les emmener ?

Ecrit par Jennifer E. Smith
Traduit par Frédérique Le Boucher
Aux éditions Hachette
Collection Bloom
384 pages

             MON AVIS

  Un grand merci aux éditions Hachette, tout d'abord et au site Lecture Academy pour ce livre !
 
  Alors ! Pour être honnête, je ne sais pas trop, en y repensant, pourquoi j'ai demandé ce livre... Jennifer Smith est une auteure que j'ai déjà lue, avec La probabilité statistique de l'Amour au premier regard, que j'avais emporté pendant les vacances d'été et qui ne m'avait pas emballée plus que ça... Les choses traînaient en longueur de mon point de vue et j'ai même eu du mal à terminer... Cependant, j'ai vu cette couverture et je me suis dit... En fait je ne me suis rien dit du tout, je n'ai pas réfléchi ! Elle était juste tellement belle que je ne me suis pas posé de question okay : je suis très influençable.
 
  Pourtant, je me suis lancée dans cette histoire et ... une petite magie a opéré, je suppose, puisque j'en ressors, non pas avec un immense coup de cœur en poche, mais en y repensant comme à une bonne découverte et un joli roman d'amour.
 
  Ce titre à rallonge (comme Jennifer Smith les aime, apparemment !) cache l'histoire de Lucy et d'Owen, deux New Yorkais, physiquement dans cette "Big Apple" mais intérieurement ailleurs, à l'étranger, là où ils seront bien. Et puis, juste avant la reprise des cours, la rentrée de septembre, BAM ! Panne de courant générale, le truc qui révolutionnerait quasiment le monde entier si ça se passait vraiment. Et dans l'ambiance pesante de cette nuit, dans cette sorte d'irréalité, les deux adolescents se rencontrent, se découvrent et s'attachent l'un à l'autre. Inexplicablement.
  Mais la lumière revient, et les étoiles qu'ils ont vues depuis le toit de leur immeuble dans cette nuit bien noire disparaissent. Leurs chemins se séparent...mais leurs cœurs peuvent encore rester liés.
 
  Déjà, j'ai beaucoup aimé l'idée de cette histoire. C'est doux, c'est un peu guimauve sur les bords, mais pas trop justement, moins alambiqué que La probabilité statistique de l'Amour au premier regard et plus...je ne suis pas, j'ai préféré cette romance un peu improbable et pourtant si touchante, dans ce non-temps, cette sorte de rêve qui berce New York le temps d'une nuit, cette ville magique qui, on le sait tous, offre aux amoureux dans l'âme d'inestimables chances de l'être aussi dans la vraie vie ;)
 
  Les personnages m'ont beaucoup plu aussi. Lucy et son innocence, ses parents absents, sa solitude, sa fragilité, sa sensibilité, son grand cœur et son manque de confiance en elle... Je me suis sentie très proche d'elle sur beaucoup de points et je pense que toutes les adolescentes peuvent se retrouver en elle. Elle découvre la vie dans ce livre, elle découvre l'amour, les fêlures de son cœur...tout ce qui construit une jeune fille et la détruit en même temps pour qu'elle devienne adulte et puisse faire face à la vie !
  Owen aussi m'a beaucoup touchée, tout comme son père, dont on parle beaucoup. C'est un garçon très sensible, encore effrayé par la vie, par son avenir et complètement détruit par la perte de sa mère. Il est très attachant lui aussi, voyageant d'état en état avec son père, sans jamais trouver de chez-eux où se poser plus de deux mois. Il est torturé par le souvenir de Lucy et leur correspondance par carte postale et mails ne lui suffit pas, il veut la voir, la retrouver, lui expliquer, la serrer dans ses bras.
 
  Ce petit couple qui s'aime et s'engueule est terriblement...chou ! Mais la distance...ce mot tabou dans toutes les relations amoureuses (et pire : les relations qui se destinaient à l'être !) les empêche de se livrer l'un à l'autre et de commencer à vivre, tout simplement.
 
  La plume de Jennifer E.Smith a un peu changé, aussi, je trouve. Moins naïve, moins niaise et plus affutée, plus poétique. J'ai beaucoup aimé les rapports avec l'astronomie (la passion d'Owen) et tous ces petits détails, toutes ces anecdotes qu'elle glisse un peu partout. Ca nous permet de nous attacher et de nous identifier vraiment aux personnages, d'être proches d'eux.
 
  Voilà voilà, un livre auquel j'ai vraiment accroché comme vous pouvez le constater, qui dégage beaucoup de sensibilité et de tendresse, c'est tout mignon et en même temps pas si rose que ça.
  A mettre entre toutes les mains, et surtout celles de ceux qui sont amoureux ! ♥
 
Les petits +
Le site officiel de l'auteure : http://www.jenniferesmith.com/
 
Et une chanson
(avancez à la 35ème seconde ;) Conseil d'amie :P )

lundi 19 janvier 2015

Looking for Alaska, de John Green

 Miles Halter a seize ans et n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi, qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young. 
 
Ecrit par John Green
Aux éditions HarperCollins
263 pages


                 MON AVIS

  Alors, déjà, un graaaaaand merci à Sandrine, du blog Au Fil des Mots, qui m'a permis de sortir cette lecture VO de ma PAL ! ♥ En fait, j'ai tout le coffret des John Green en VO, mais jusqu'à maintenant je n'avais lu que The Fault in our Stars, juste avant d'aller voir le film et je n'avais pas le "courage" de me plonger dans les autres même si je n'avais pas eu beaucoup de difficultés avec mon chouchou ♥
 
  Pour être franche, j'ai eu un tout petit plus de mal avec celui-ci niveau langue, mais seulement à un passage, vers le milieu/fin de la première partie (le livre est divisé en deux : Before et After). Mais étant donné que je ne connaissais pas du tout l'histoire ni rien, j'étais plutôt fière de moi en arrivant à la fin sans avoir eu trop de difficultés !

  Et une fois de plus, John Green a frappé. John Green et sa magie ont opéré mon petit cœur et ... beh voilà voilà une fois de plus, ce livre est un véritable coup de cœur complètement et indéniablement inébranlable (non, non, même ça, ça ne suffit pas :) ) !

  L'histoire commence plutôt "basiquement" : Miles entre dans un internat pour l'année, il n'avait pas d'amis dans son ancien lycée et s'y sentait carrément mal. Il fait la connaissance du Colonel (...son vrai nom déjà ? Help meee ! ^^"), de ses amis et surtout d'Alaska. Une jeune fille qui semble bien plus mature que son âge ne le laisserait penser, et bien plus marquée par la vie que les autres également.
  On apprend à connaître tout ce petite monde, à travers leur amitié, leurs amours, leurs embrouilles, leurs bêtises...et on s'attache terriblement, terriblement à eux. Jusqu'à ce que. After...

  Voilà, donc je ne peux pas vous en dire plus pour ce qui est de l'histoire, simplement que jusqu'à tourner la page où est écrit After, je ne savais absolument pas à quoi ce After pouvait bien se référer. Je suis peut-être un peu trop naïve, un peu trop stupide, mais...le choc ! C'a été intense de mon côté et...okay j'avoue : j'ai versé quelques larmes.

  Looking for Alaska, c'est un de ces rares romans où il vous semble que tout a été travaillé, fignolé dans les moindres détails, et en même temps vite écrit, presque bâclé par endroit tellement l'auteur a voulu être sincère dans ses mots. C'est l'un de ses livres qui provoquent une sorte de déchirure. C'est l'un de ces livres où vous ne penser qu'à une chose : connaître la raison. Savoir pourquoi. C'est l'un de ces livres où, en arrivant à la fin, vous ne vous sentirez pas libres parce que vous aurez quitté les personnages auxquels vous vous étiez tellement attachés. C'est l'un de ces livres à l'histoire a priori banale mais qui bouleverse tous vos repères. C'est l'un de ces livres qu'on n'oublie pas. Vraiment pas.

  Ce que j'ai aimé aussi, c'est la simplicité des gestes. Tous les ados se reconnaitront dans les aventures de notre petite bande. Okay, ils ne passeront pas tous obligatoirement par la clope, la drogue, l'alcool et le sexe aussi "condensément" (oui, oui, c'est à peu près résumable comme ça, par moments... ;) Et oui, j'invente pas mal de mots dans cette chronique, mais pour John Green et ses chefs-d'oeuvre, que ne ferait-on pas ?), mais l'auteur arrive diablement parfaitement à saisir les instants, à prendre ces petits moments de joie, de peine, de nouveauté, de changement, qui font qu'un ado commence à comprendre la vie et à la vivre comme adulte. Il arrive à nous donner la vraie sensation : tout est facile et tout est complexe à la fois. Comme ces photographes qui arrivent à capturer une émotion, John Green parvient à la coucher sur le papier.

  L'écriture y est sans doute pour beaucoup, également. Alors, bien sûr, j'ai eu un tout petit peu plus de mal à suivre que si le livre avait été en Français, mais lire un livre en VO donne aussi beaucoup de charme à la lecture, je trouve. Il y a un rapport différent, plus brut, moins entrecoupé par plusieurs personnes... On se dit plus que l'auteur a écrit comme...pour nous en quelque sorte, alors que quand un traducteur passe avant et tout ça, ça se voit, et il y a une sensation différente (ne me prenez pas pour une folle, merci d'avance O:) ) . Bref, il y a une barrière de moins et j'ai beaucoup apprécié la proximité supplémentaire que ça donnait avec les personnages. Le style est fluide et fort, comme s'il voulait donner du souffle aux protagonistes, les élever.
 
 J'ai beaucoup aimé l'acharnement de Miles. Je l'ai trouvé tellement humain, ce garçon, tellement vrai et plausible et...réel ! Sa fixation à apprendre tous les derniers mots des personnages connus -un vrai plus, j'ai trouvé ça magnifique de découvrir cet "univers"-, ses petites manies, ses remises en question à lui aussi et son égocentrisme parfois...je me suis vraiment beaucoup attachée à ce personnage. Tout comme à Chip (ça y est, j'ai retrouvé, son vrai nom !) surtout que lui a la même fixation que moi : apprendre les capitales de tous les pays (oui oui, je peux vous en réciter pas mal O:) ).
 
  Et puis il y a une telle philosophie dans ce livre, une telle essence qui nous amène à nous poser tant de questions, à remettre tant de choses en cause...c'est assez impressionnant ! Comme dans TFIOS, John Green arrive, avec une histoire qu'on pourrait trouver banale, à tout bouleverser et encore une fois...c'est très éprouvant pour le lecteur -ça l'a été pour moi. La vie, la mort, l'amour, le temps...tant de mots qu'on emploie si souvent et auxquels on ne réfléchit pas assez.
 
  Enfin. Pour la deuxième fois, je ne ressors vraiment vraiment pas indemne d'un écrit de John Green et Looking for Alaska est le seul roman à avoir égalé The Fault in our Stars pour l'instant de mon côté, ce qui est assez significatif, je pense.
 
  Tout comme Sandrine, je ne peux que vous le conseiller, vous le recommander, vous ordonner de le lire.
  Un énorme coup de cœur ♥